L'alphabet coréen : le hangeul
Au XVème siècle, sous la dynastie Choson (1392-1910), le roi Sejong décide d’établir en 1443 un système d’écriture pour lutter contre l’analphabétisme de son peuple, la complexité de l’écriture chinoise étant réservée aux aristocrates.
On suppose que lors de son élaboration, les savants de la Cour se sont inspirés de la graphie du mongol, ainsi que du ‘phag’s-pa (alphabet créé pour les Mongols en 1269 par le Lama tibétain Matidhvaja Sribhadra, qui donnera naissance à l’écriture tibétaine).

Alphabet mongol

Syllabaire ‘phags pa
Mais c’est avant tout d’après le mécanisme de la bouche pour produire le son en question que sera réalisée la graphie des lettres, ou
jamo. Par exemple ㄱ représente la langue collée au palais, et désigne par conséquent le son « k ». ㅅquant à lui, est la simplification de l’intersection de deux dents, et correspond donc au son « s ». Le premier nom que portera cette écriture est Hunmin Jeongeum (훈민정음), « Les sons corrects pour l’éducation du peuple ».
Durant les règnes suivants, l’alphabet coréen ne va pas connaître le succès espéré. Hostiles à cette forme d’écriture populaire étant l’opposé de l’écriture chinoise réservée à une élite et symbole d’érudition, le roi va même jusqu’à proscrire son utilisation dans les textes officiels. A l’instar des hiragana dans la langue japonaise, le hangeul demeurera pendant longtemps une écriture utilisée par les femmes, celles-ci n’ayant pas accès à l’étude du chinois. Utilisés à partir du 19ème siècle avec les
hanja (caractères chinois utilisés dans la langue coréenne) tout comme la langue japonaise actuelle ; les sinogrammes seront néanmoins abandonnés dans la littérature populaire, même s’ils sont encore aujourd'hui enseignés à l’école. La raison de cette préférence pour le hangeul, outre la simplicité de son apprentissage, trouve son origine dans un nationalisme prenant de plus en plus d’ampleur.
Aujourd’hui, le hangeul se divise en :
-
14 consonnes, dont 5 peuvent se doubler pour en accentuer la prononciation. Une consonne peut se prononcer différemment selon sa place dans la syllabe et dans le mot.
ㄱ(g/k) ㄴ(n) ㄷ(d/t) ㄹ(r/l) ㅁ(m) ㅂ(b/p) ㅅ(s/t) ㅇ(muet/ng) ㅈ(dj/t) ㅊ(tch/t’) ㅋ(k’) ㅌ(t’) ㅍ(p’) ㅎ(h)
ㄲ (kk) ㄸ (tt) ㅃ(pp) ㅆ(ss) ㅉ(djj)
-
10 voyelles simples et 11 voyelles composées
Voyelles simples :ㅏ(a) ㅑ(ya) ㅓ(eo) ㅕ(yeo) ㅗ(o) ㅛ(yo) ㅜ(u) ㅠ (yu) ㅡ (eu)ㅣ(i)
Voyelles composées : ㅐ (ae) ㅒ (yae) ㅔ (e) ㅖ (ye)ㅘ (wa)ㅙ (wae) ㅚ (oe) ㅝ(weo)ㅞ(we)
ㅟ(wi) ㅢ (ui)
L’unité graphique est la syllabe, composée de combinaisons :
Consonne + voyelle : ㅎ(h) + ㅏ(a) = 하 (ha)
Consonne + voyelle + consonne (dans certains cas, on peut même trouver deux consonnes en finale) : ㅎ (h) +ㅏ (a) + ㄴ(n) = 한 (han)
La consonne en début de syllabe est obligatoire, par défaut on indique la consonne muette ㅇ. Exemple : 아(a)
On considère que le faible taux d’analphabétisme aujourd’hui en Corée du Sud et en Corée du Nord est dû à la simplicité de l’apprentissage du hangeul. Il est même enseigné dans certaines régions d’Asie du sud-est, afin de permettre aux populations rurales de savoir lire et écrire dans une langue.
Sources :
www.tlfq.ulaval.ca
www.omniglot.com
fr.wikipedia.org
Article ajouté le 13/09/2006 par Bloodbrother