drapeau Chine
L'histoire de l'écriture chinoise

On estime que l'écriture chinoise remonte à 2000 ans avant notre ère, même si elle n'a vraiment été codifiée qu'aux alentours de 1500 avant J.C. On peut résumer son évolution en cinq grandes étapes.

甲骨文 : Les jiǎgǔwén
Composés des caractères 甲 et 骨 désignant "tortue" et "os", il s'agissait d'une écriture divinatoire. Les oracles de l'époque inscrivaient leurs questions sur des carapaces de tortue ou sur des ossements (mouton, boeuf), avant de les placer près du feu. En observant les craquelures formées par la chaleur, ils en déduisaient les réponses. Les pictogrammes, caractères représentant une simplification graphique d'un élément de la nature comme un animal ou un paysage, sont à la base tous des jiaguwen. Il existait beaucoup de versions différentes d'un même caractère. Cette forme d'écriture durera jusqu'au XIème siècle avant notre ère.



金文 : Les jīnwén
Les jinwen, ou "écriture sur bronze" datent quant à eux de la dynastie Zhou (XIème siècle-256 av JC). Il s'agit avant tout d'une écriture commémorative : les caractères sont moulés ou gravés sur des supports comme des trépieds, des cloches ou encore des jarres.



篆文 : Les zhuànwén
Il s'agit de "l'écriture sigillaire", ou "écriture des sceaux". Elle se divise en deux styles : le 大篆, (dàzhuàn) et le 小篆 (xiǎozhuàn). Le dazhuan, plus ancien, remonte au XIème siècle avant notre ère. Inspirée des jiaguwen et des jinwen, cette forme d'écriture est simplifiée par rapport aux précédentes, les traits étant cette fois tracés au pinceau.



Le "petit sceau" ou xiaozhuan quant à lui, est l'écriture unificatrice de l'empire sous la dynastie des Qin (-221 à -206) sous l'impulsion de l'empereur Qin Shi Huangdi et de sa volonté d'harmonisation (mesures, poids,...).



Ce style sera une fois de plus simplifié et perfectionné pour donner naissance au 隸書 (lìshū), le "style des fonctionnaires" . Ce nouveau style, plus rapide à tracer et à apprendre pour les scribes, se perpétue sous la dynastie Han (-206 à 220).




楷書 : Le kǎishū
Ce "style régulier", vieux de 18 siècles (fin de la dynastie des Han), est celui employé de nos jours. A présent, par soucis de stabilité, les caractères s'inscrivent forcément dans un carré imaginaire et un nombre limité de styles de traits est défini. Elle n'a subi aucune modification jusqu'en 1956.




简化字 : Les jiǎnhuàzì
Les jianhuazi ou "caractères simplifiés", sont le fruit d'une réforme de l'écriture visant à augmenter le taux d'alphabétisation, l'apprentissage des caractères étant jugé trop complexe. La simplification des sinogrammes a été beaucoup critiquée, bon nombre de personnes jugeant que la modernatisation de l'écriture chinoise s'est faite au dépend du sens des caractères. Par exemple, le hanzi (caractère chinois) 見 qui signifie "voir", représente les jambes d'un homme 人, et un oeil 目. Le sinogramme a été simplifié en 见 pour économiser le nombre de traits à écrire, 4 au lieu de 7. Néanmoins, il perd du coup tout son sens. Il est à noter que les caractères simplifiés sont employés en République populaire de Chine ainsi qu'à Singapour, tandis que Taïwan, Hong Kong et Macao utilisent les caractères traditionnels.

Exemples de simplification :

馬 => 马
龍 => 龙
學 => 学
買 => 买
頭 => 头


Evolution du caractère "cheval"

Sources :
Georges JEAN, L'écriture, mémoire des hommes, Gallimard, p 45-49
Roger BILLION, Initiation à l'écriture des caractères chinois (漢字書寫入門)
Article ajouté le 17/09/2006 par Bloodbrother

Logo imprimante Imprimer
Logo recommander Recommander à un ami

Articles sur le même thème:
> L'alphabet Viêtnamien : le Quôc ngu
> L'alphabet coréen : le hangeul


Les commentaires


   Page:

Commenter cet article
Votre pseudo (obligatoire) 20 caractères max

Contrôle anti-bot:(obligatoire)
Veuillez résoudre ce calcul:   (3x7)