drapeau Birmanie
La Birmanie n'existe plus

En septembre 2007, le monde découvrait la Birmanie, ses moines, ses militaires. Durant plusieurs semaines la révolution safran faisait la une des journaux. Les images de bonzes qui défilaient dans la rue et d'un journaliste japonais abattu à bout portant par un militaire passaient en boucle sur toutes les télés du monde. Quelques mois plus tard, les médias ne traitent plus du sujet. Peut-être faute d'images chocs. Ou peut-être que le pouvoir d'achat et le Tibet prennent toute la place de l'actualité.

Pourtant la situation en Birmanie n'a pas changé. Au contraire. Le 25 mars 2008, le Conseil des Droits de l'Homme s'est exprimé sur la situation des droits de l'homme en Birmanie. Il se déclare "profondément préoccupé par la détérioration continue des conditions de vie et l'aggravation de la pauvreté d'une grande partie de la population dans tout le pays [...] par la situation des droits de l'homme au Myanmar (ndr : autre nom de la Birmanie) [...] par le nombre toujours élevé de prisonniers politiques".

Selon certaines sources, le nombre de prisonniers politiques, opposants et journalistes, serait de 1850. Suite aux manifestations de 2007, la junte birmane reconnaissait, en février 2008, avoir arrêté près de 3'000 personnes et continuer les arrestations. Plusieurs centaines de ces personnes seraient toujours en détention. Le gouvernement n'a toutefois ordonné aucune enquête officielle sur la violence des répressions des manifestations qui ont fait au moins 13 morts dont un journaliste japonais.



Début mars 2008, le Conseil des Droits de l'Homme a publié également un rapport dénonçant les maltraitances envers les femmes et les enfants en Birmanie. Des violences sont notamment exercées par les militaires responsables de nombreux viols dans certaines régions du pays. Selon ce document, plus de 150 cas de viols commis par des soldats, dont certains sur des mineurs, ont été rapportés ces 18 derniers mois dans les seules régions de Karen et Chin. Le rapport précise également que les viols sont particulièrement violents, parfois accompagnés de torture et de meurtre, et qu'ils ne sont pas tous rapportés. À cela vient s'ajouter le développement de la prostitution et du tourisme sexuel dans un pays où le travail est rare.

Rien n'a changé donc depuis les manifestations. Le pays est toujours dirigé par une dictature militaire, Aung San Suu Kyi, la leader de l'opposition, est toujours assignée à résidence et la population essaye de fuir le pays. On compte plusieurs millions de réfugiés birmans dans les pays frontaliers de la Birmanie, dont près de 2 millions rien qu'en Thaïlande. La Birmanie est devenue l'une des plus grandes sources de réfugiés au monde avec l'Afghanistan et l'Irak.

Et la junte veut encore renforcer son pouvoir. Le 10 mai se tiendra un référendum pour la validation de réformes constitutionnelles pour une Constitution qui établirait "une démocratie où fleurit la discipline". Référendum auquel les opposants au régime invitent à voter "non".

On peut s'interroger sur l'utilité d'un référendum en Birmanie alors qu'en 1990 l'élection législative, remportée haut la main par Aung San Suu Kyi (avec 80% des voix), avait été invalidée par la même junte au pouvoir qu'aujourd'hui.


Sources

Situation des droits de l’homme au Myanmar, Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, visité le 25 avril 2008

Juan Miguel Petit, Report submitted by the Special Rapporteur on the sale of children, child prostitution and child pornography, Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, visité le 25 avril 2008

Myanmar: Le statut quo sur la situation des droits de l'homme reste de mise, Radio des Nations Unies, visité le 25 avril 2008

Inge Brees, Forced displacement of Burmese people, www.reliefweb.int, visité le 25 avril 2008

Burma's military issues warning before poll, www.abc.net.au, visité le 25 avril 2008

Les arrestations se poursuivent, selon la junte, Le Nouvel Observateur, visité le 25 avril 2008

http://www.info-birmanie.org/, visité le 25 avril 2008


Photos

http://annie.mallegol.club.fr/

http://tempsreel.nouvelobs.com/

Article ajouté le 25/04/2008 par Tev

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Les commentaires


C'est pas pour rien que Total fait un chiffre d'affaire colossal...
Commentaire ajouté le 26/02/2009 à 22h24 par Misterheal  

Les médias occidentaux ne veulent vendre que ce qui pourrait choquer comme les bastonnades en Birmanie il y a quelques temps .
Mais dès qu'il y a quelque chose de plus interpellant comme le Tibet , ils ne diffusent plus d'actualité sur la Birmanie .
Les médias transforment tout : on parle de génocide au Tibet alors que ça ne va pas jusque là , juste parce que la Chine commence à faire peur en se développant plus que rapidement et qu'il faut la rendre impopulaire , un jeu de gamin de la part d'un service qui au départ servait à informer plutôt que de désinformer .
On ne parle plus de la Birmanie puisque les journalistes ne voient pas ce que cela pourrait leur rapporter et préfèrent transformer des infos pour enfoncer des pays , c'est lâche .
Appart le cyclone Nargys , il n'y a plus trop d'infos sur la Birmanie .
Il faut sauver la Birmanie quand ça arrange les médias et il faut absolument enfoncer la Chine pour la rendre plus que malaimée .
En occident , les gens se forgent une mauvaise image de l'Asie à cause des médias .
On crache sur les systèmes politiques qui sont différents que celui des USA et des Européens : on voit ce que cela donne en Irak , une guerre de la part de la " plus grande des nations " c'est pas très fin .
En occident on dit aussi que les pays comme la Chine censurent les informations pour qu'un minimum passe : il vaut mieux ne pas recevoir beaucoup d'infos plutôt que recevoir beaucoup de conneries comme on peut le voir sur les journaux d'occident .
J'espère sincèrement que le monde n'oublie pas la Birmanie ni les autres pays en difficulté .
Commentaire ajouté le 30/10/2008 à 16h27 par All For Asia  

Je suis bien d'acord avec vous !
Commentaire ajouté le 03/10/2008 à 15h05 par joulo  

Le pire dans cette histoire c'est que c'est l'occident qui finance l'armée et le gouvernement birman. C'est Total qui le fait en échange de places et accès au pétrol (ce qui engrange des déplacement de population dans le meilleur des cas). Quand on pense que Total est une firme Française, c'est honteux. Comme si les US n'en faisaient pas assez ...
Commentaire ajouté le 14/09/2008 à 11h46 par Aki  



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