Le bouzkachi
L'arbitre siffle le coup d'envoi. Des dizaines de cavaliers s'élancent au galop vers un cadavre de chèvre sans tête situé à quelques dizaines de mètres de là. Rapidement, une mêlée se forme autour de la dépouille de l'animal, piétinée par les sabots des chevaux. Penché au ras du sol, le nez dans la poussière, tenant fermement sa selle d'une main, un tchopendoz parvient à saisir la chèvre et à s'extraire du groupe. Les autres le poursuivent, le bousculent, lui assènent des coups de cravache et essayent de lui arracher son trophée. Combien de temps va-t-il tenir?

Le bouzkachi, traduisez par "attrape chèvre", est un sport spectaculaire qui s'est répandu dans une grande partie de l'Asie centrale. Outre en Afghanistan, on le pratique notamment au Tadjikistan et au Turkmenistan.
Le sport peut se jouer individuellement ou par équipe, dans un stade ou dans de grandes plaines. Le nombre de participants peut varier de 18 à plus d'une centaine. Les spectateurs de ce sport rapportent parfois qu'ils ont eu l'impression de suivre le tournage d'un film d'action. Et on les comprend, le bouzkachi est un sport assez viril, les cavaliers n'hésitent pas à se bousculer fortement et à asséner des coups à leurs adversaires. Dans le jeu par équipe, des cavaliers et leur monture font souvent écran avec leur corps pour protéger un coéquipier porteur de la chèvre. Les accidents ne sont pas rares et parfois graves.
Le but est simple en pratique. Il faut s'emparer de la chèvre (ou parfois un veau) et le déposer dans un cercle de chaux tracé sur le sol après avoir traversé le terrain et contourné un mat situé à son extrémité. Contourner le mat rapporte un point. Déposer l'animal dans le "cercle de justice" rapporte un point supplémentaire.

La carcasse de l'animal, ou bouz, est remplie de sable et pèse environ une cinquantaine de kilos. Seul un homme fort et entraîné est capable de pratiquer ce sport. Les tchopendoz, comme on les appelle, sont tous âgés de plus d'une trentaine d'années et sont considérés par certains comme les meilleurs cavaliers au monde. Ce sont souvent des fils de familles de fermiers ou d'éleveurs qui s'entraînent depuis leur plus jeune âge. Les montures, chevaux robustes, sont également traitées avec un soin particulier. Leurs muscles sont tenus au chaud par une couverture toute la journée et leur alimentation, à base d'oeuf et de beurre, est digne de celle que l'on réserverait à la monture d'un roi. Parfois, l'une d'entre elles ne survivra pas au match, achevée en cas de grave blessure.
Que ce soit lors de grandes compétitions officielles ou sur un vaste plateau perdu au milieu de la montagne, dans tous les cas le spectacle est assuré.
Sources
Bouzkachi !,
www.tadjikitrip.com, visité le 25 mars 2007
Le Bouzkachi,
www.puget-passion.fr, visité le 25 mars 2007
Le Bouzkachi, cheval mon ami,
Reportage diffusé sur FR3 le 19 juin 1977, visité le 25 mars 2007
Images
Bouzkachi !,
www.tadjikitrip.com, visité le 25 mars 2007
http://photos.linternaute.com
Article ajouté le 25/03/2007 par Tev