Le chant diphonique, appelé aussi chant harmonique ou chant de gorge, est une technique de chant permettant à une seule personne de produire deux sons simultanés d’une seule voix. Un premier son, appelé le « bourdon », provient du fond de la gorge. Il est grave et constant et compose le fond du chant. Un second son plus aigu, appelé « harmonique », forme la mélodie. Le chant ainsi obtenu nous rappelle celui d’une guimbarde ou d’un didgeridoo.
On trouve le plus grand nombre de chanteurs diphoniques en Mongolie. Leur chant particulier, le xoomeï, fait de plus en plus d’adeptes en occident. Encouragé par cette popularité les chanteurs mongols se multiplient. Alors que l’on en comptait quelques dizaines il y a 30 ans, on en trouve plusieurs milliers aujourd’hui. Le chant diphonique est un chant qui correspond particulièrement au paysage mongol ; on y retrouve le bruit des sabots ou du souffle du vent dans la pleine.
Outre la Mongolie, l’Inde et l’Afrique du sud comptent également des chanteurs diphoniques. Certains moines tibétains pratiquent également ce chant et vont même jusqu’à se briser les cordes vocales volontairement pour obtenir un timbre de voix plus grave.
Okna Tsahan Zam
Parmi les chanteurs diphoniques les plus célèbres on compte le chanteur mongol Okna Tsahan Zam dont le succès ne connaît pas de frontières. Voici deux morceaux de son album Shaman voices : A journey in the steppe.
Le spécialiste du chant diphonique Trân Quang Hai décrit plusieurs techniques pour produire le chant mongol. Présentation de sa méthode avec deux cavités buccales :
On applique "la recette" décrite ci-dessous :
1. Chanter avec la voix de gorge
2. Prononcer la lettre "L". Dès que la pointe de la langue touche le centre de la voûte palatine, maintenir ainsi cette position.
3. Prononcer ensuite la voyelle "Ü" avec, toujours la pointe de la langue collée fermement contre le point de fixation entre le palais dur et le palais mou.
4. Contracter les muscles du cou et ceux de l’abdomen pendant le chant comme si on essaie de soulever un objet très lourd.
5. Donner un timbre très nasalisé en l’amplifiant à travers les fosses nasales.
6. Prononcer ensuite les deux voyelles I et Ü ( ou bien O et A) liées mais alternées l’une après l’autre en plusieurs fois.
7. Ainsi sont obtenus, et le bourdon et les harmoniques en pente ascendante et pente descendante selon le désir du chanteur.
On varie la position des lèvres ou celle de la langue pour moduler la mélodie des harmoniques. La forte concentration musculaire augmente la clarté harmonique.
Le temps d’exécution dépend évidemment de la cage thoracique du chanteur, donc de la respiration, mais également de l’intensité sonore, car l’intensité est en rapport avec le débit d’air.
Ça donne quoi chez vous ?
Sources
Trân Quang Hai, Recherches introspectives sur le chant diphonique et leurs applications, www.buddhaline.net, visité le 16 octobre 2007
OKNA TSAHAN ZAM, CHANT DIPHONIQUE MONGOL, www.accentonic.net, visité le 16 octobre 2007
Entretien avec Tran Quang Hai, ethnomusicologue, www.eurasie.net, visité le 16 octobre 2007
essayez aussi l'album de Davis Hykes "hearing solar voices" un très bon exemple de chant diphonique sans la "dureté" que vous retrouvez chez les chanteurs mongols. Il y a aussi le groupe de rock traditionnel Yat-Ka qui allie chant mongol, diphonie et rock'n roll :D
Commentaire ajouté le 27/11/2007 à 11h43 par diphoneur fou
j'y arrive pas... :S
Commentaire ajouté le 03/11/2007 à 18h53 par Karo-chan
merci
Commentaire ajouté le 22/10/2007 à 18h45 par masato
Il s'agit de "Edjin Duun" et "Akhner Duner".
Commentaire ajouté le 18/10/2007 à 01h15 par Tev
super! quel est le nom des 2 chansons que l'on peut écouter?
Commentaire ajouté le 17/10/2007 à 18h35 par masato