Trafic d'organes en Chine
Le Centre d’Assistance du Réseau de Transplantation International de Chine se targue de pouvoir vous trouver un organe en moins de 4 semaines. Mieux (pire ?) : si cet organe ne convient pas, il sera remplacé dans la semaine. Évidemment ce service vous sera facturé quelques milliers de dollars américains. Mais qu'est-ce qu'une poignée de billets comparée à la valeur d'une vie humaine ?
- Fantastique ! Je vais vous prendre une cornée à 5'000$ et un rein à 40'000$. Mais dites-moi docteur, c'est de la bonne qualité au moins ?
- La qualité ? La meilleure ! C'est du jeune condamné à mort exécuté dans la journée. On lui colle une balle dans la tête à midi, le décortique dans l'ambulance sur le chemin de l'hôpital et on vous greffe votre nouveau rein dans l'après-midi. Bien sûr, avant l'exécution, le prisonnier passe un examen médical lors duquel on s'assure que ses organes sont compatibles avec le patient. Signez ici et j'appelle la prison.
Bien sûr une telle conversation a peu de chance d'avoir lieu dans la réalité. Et pourtant, de plus en plus de témoignages de transplantés, de gardiens de prison, ou d'anciens médecins viennent confirmer ce scénario dramatique.
Selon une déclaration d'Amnesty International en 2005, jusqu'à 90% des organes transplantés en Chine proviendraient de condamnés à mort. Pour les chirurgiens britanniques, une telle disponibilité d'organes suppose "une relation étroite entre les unités de transplantation et les autorités en charge des exécutions".
Depuis plusieurs années, le nombre de greffes effectuées en Chine augmente à un rythme exponentiel. Les clients affluent des Etats-Unis ou du Japon et sont prêts à payer le prix fort pour une nouvelle jeunesse. Dans la pratique, il faut bien trouver les organes quelque part. Pékin dément fermement l'existence d'un tel trafic d'organes sur le sol chinois et dans le même temps musèle les journalistes trop curieux. Pourtant, de plus en plus de personnes commencent à parler. Des médecins chinois émigrés aux Etats-Unis, par exemple, viennent confirmer les inquiétudes de familles qui n'ont plus de nouvelles d'un fils ou d'un père prisonnier. Les associations internationales montent au créneau et Internet facilite la propagation des informations dans le monde.
Sur le site d'Amnesty International, on trouve le témoignage d'un ancien gardien de la prison de Tainjin : « Les responsables de la prison sont payés 37 dollars par cadavre pour avertir l’hôpital des exécutions et les reins sont vendus 15'000 dollars. Une fois que les médecins ont vérifié leur groupe tissulaire, les prisonniers sont exécutés et immédiatement transportés dans des ambulances où leurs reins sont prélevés dans les deux minutes. Les corps sont ensuite apportés au crématorium où les médecins retirent les cornées, la peau des bras, des jambes et du torse ». L'Etat, les institutions pénitentiaires, l'armée et les hôpitaux organiseraient ensemble ce trafic d'organes qui rapporterait plusieurs milliards de dollars chaque année.

Le trafic s'appuie sur une loi de 1984 qui autorise le prélèvement d'organes sur des condamnés à mort dont les familles ne réclament pas les corps. Ce que l'on ne dit pas c'est que des pressions sont exercées sur les familles pour qu'elles ne réclament pas les corps, quand elles sont au courant de l'exécution de leur proche. De plus, certaines pratiques échappent complètement au cadre de la législation.
Le Falun Gong, ou Falun Dafa, est une méthode d'exercice et de méditation bouddhiste. On compte environ cent millions d'adeptes du Falun Gong en Chine et la discipline est pratiquée dans 70 pays. En 1999, le Parti Communiste Chinois (PCC) part en croisade contre les pratiquants du Falun Gong et veut interdire cette discipline. S'en suit une vague d'arrestation énorme à travers le pays. Les pratiquants du Falun Gong sont traqués, emprisonnés et torturés. Des dizaines de milliers d'entre eux seraient actuellement retenus dans des camps de concentration. Ce sont eux qui alimenteraient en grande partie la banque d'organes dédiés au trafic. Selon certains témoignages, on irait même jusqu'à leur prélever des organes alors qu'ils seraient encore vivants et à peine anesthésiés.
Tous clients ? Selon
The Guardian, la peau des détenus condamnés à mort, ainsi que les foetus avortés, seraient utilisés par une société de cosmétique chinoise qui exporte ses produits en Europe. Que nous reste-il encore à découvrir ?
Sources
Le trafic d'organes de condamnés à mort en Chine à nouveau dénoncé,
www.chine-informations.com, visité le 13 mars 2007
Trafic d’organes en Chine : les preuves sont là, L’existence du camp de concentration de Sujiatun ne peut être niée,
fr.clearharmony.net, visité le 13 mars 2007
Trafic d’organes : le nouveau « business » chinois,
www.amnesty.be, visité le 13 mars 2007
The beauty products from the skin of executed Chinese prisoners,
www.guardian.co.uk, visité le 13 mars 2007
Le Canada devrait-il autoriser les transplantations de l'animal à l'humain?,
www.xeno.cpha.ca, visité le 13 mars 2007
Lien
Trafic d'organes en Chine,
blog.deepsound.net
Article ajouté le 14/03/2007 par Tev